Taoufik Bestandji

”Quand j’étais enfant, ma ville me faisait peur, elle est construite sur des morceaux de rochers et pour aller d’un endroit à un autre, il faut traverser des ponts, on est obligé. C’est surtout le pont suspendu qui marque une certaine angoisse dans l’esprit des enfants de Constantine, il tient par de gros câbles, des cordes métalliques qui bougent quand on passe, et si on regarde en bas, c’est le ravin. J’ai été très marqué par cette ville qui oblige à affronter sa peur. Je garde aussi le souvenir des promenades le soir, avec mon père, je portais des sandales et des socquettes blanches, il me tenait la main dans les ruelles du quartier populaire, où il avait son salon de coiffure. Il était barbier et musicien, il y avait toujours une mandoline dans sa boutique. À la maison, quand il jouait du luth ou du violon, il ne voulait pas qu’on le dérange, j’étais souvent derrière les portes à écouter, pour moi, c’était des sons magiques.”

Alphonse

Voir le portrait complet sur le site de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

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